jours

Actu

Dans l’asphalte des yeux

l’horizon s’est froissé

la bouche emprunte au jour

un sédiment de mai

les silhouettes tombent

et les corps agrégés

gorgent la route d’os

de rêves en caillots

le temps engrangera

le silence des cendres

 

et la neige rose

       recouvre les veines nues

absurde printemps


Matin

Suaire nuageux

la lune hyaline subsiste

dans l’ourlet de l’aube

nos rêves volutes

ont édenté le certain

leurs sépales obstinés

parsèment encore les sens

le jour s’impose au corps

il badaude mal content

angles maladroits des os

vulnérable nudité

la réalité enjambe

de sa chorégraphie rapace

ce qui nous émeut

Subreptice

pierre sourire

fauchée aux plis

de l’horizon lin

au glissé du jour

la nuque subreptice

_un baiser pourrait

(tu vois

un baiser)

comme un lacs

une accolure

nue

un baiser pourrait

embraser

le lumineux repli


©Aure 04/2018

avancée

masque

indigo

_la nuit

s’abouche

à la terre

 

les arbres murmurent en leurs racines

les chemins s’écartent en solstices

les plantes rugissent de bruine

les pierres _de sang

 

la femme marche

sûre

ses paumes lissant le temps

ses pieds sur des soleils

ses cheveux sont ferlés

de cordons ombilicaux

et de doigts convulsés

son ventre est ouvert et constellé

son dos criblé de blessures

ses épaules _d’injures

 

son visage danse

de l’extase au silence

de l’horreur à la vie

elle marche

indomptée

inaltérée

elle dansera même

jusqu’au squelette

jusqu’au tréfonds

de sa force

livre

ivre

libre

au-delà de vos cris

de vos sexes

de vos haines

de vos pouvoirs/vouloirs

elle caressera

l’amour


©Aure 01/2018

ordinairement

Brûlure noire

fœtus de lune

coulure enfarinée

sur

des champs

des toits

des gens

des peaux

le sang n’est jamais las

de gésir sur la terre

de colorer les assassins

ordinairement absous

de vagir dans les ventres

ordinairement forcés

plus rien n’est sempiternel

que le sang

et l’argent du sang


©Aure 12/2017