avancée

masque

indigo

_la nuit

s’abouche

à la terre

 

les arbres murmurent en leurs racines

les chemins s’écartent en solstices

les plantes rugissent de bruine

les pierres _de sang

 

la femme marche

sûre

ses paumes lissant le temps

ses pieds sur des soleils

ses cheveux sont ferlés

de cordons ombilicaux

et de doigts convulsés

son ventre est ouvert et constellé

son dos criblé de blessures

ses épaules _d’injures

 

son visage danse

de l’extase au silence

de l’horreur à la vie

elle marche

indomptée

inaltérée

elle dansera même

jusqu’au squelette

jusqu’au tréfonds

de sa force

livre

ivre

libre

au-delà de vos cris

de vos sexes

de vos haines

de vos pouvoirs/vouloirs

elle caressera

l’amour


©Aure 01/2018

ordinairement

Brûlure noire

fœtus de lune

coulure enfarinée

sur

des champs

des toits

des gens

des peaux

le sang n’est jamais las

de gésir sur la terre

de colorer les assassins

ordinairement absous

de vagir dans les ventres

ordinairement forcés

plus rien n’est sempiternel

que le sang

et l’argent du sang


©Aure 12/2017

écaille d’oiseau

Écaille d’oiseau – un chant d’ortie

chantourne mon cœur de son aigu

dans le rire arqué d’un vent griffu

qui froisse ma pâleur de bougie

penser au taffetas de ta peau

que mes mains se plaisent à tiédir

dans l’hymne bleu ocre d’un nadir

tes bras me busquant tel un roseau

*

ferler l’horizon de tes baisers

la bourrasque de ton rire fruit

il dissout le torque du passé

bris émaciés de marbre qui huit

écaille d’oiseau – un chant de rose

renverse mon corps de son pointu

vivre l’infini de nos cœurs nus

en un lit de temps qui se repose


©Aure 2013 & 11/2017