Traverse

Tu es l’été

lumière sur ta couche

reflet

ton cœur suit la Traverse

au fil de ton calame

veinulé

ta force diaphane

insaisie

rompue de mots

sur ta voile enluminée

tu es l’été

gracilement droit

résolu

étincelle harponnée

éternelle de sable

de sang et d’os

_ de cendres

âme pétrie

          ouverte

                continuée

                       rejointe


©Clari / Aure 09/2019

 

étreinte

Ploiement

corps  _ dérive

lèvres

répandues

calligraphique

semis de mots

en brassée

 

l’oiseau braise silencieux

attend

> battement de tempe

 

attendrir les murs

 

trembler

en la frontière amuïe

de peau et d’autre

 

territoire

dé connu

découvert

encore

 

dans le gésir

de plis

 

météores


©Aure 08/2018

tresses

Joncher l’horizon

de vos iris

pétales de forêt

fugitive

caresser le delta

de vos lèvres

carminées

de nadir

boire vos bouches

cerises planes

mots gemmes

chuchoter des mains

un délice velouteux

enchevêtré

peaux

promettant

manif soyeuse

cahots des os

cantilène chaude

plaisir

soleils abrasés

irisement

de l’ajour

nuer nos êtres

en transe nitescente

 

chant de terre rauque qui se descelle

notre bouleversement éclatant

clameur de soleil allègre

à mes bien aimés Antoine et Philippe

1954-1991


©Aure 06/2018

 

jours

Actu

Dans l’asphalte des yeux

l’horizon s’est froissé

la bouche emprunte au jour

un sédiment de mai

les silhouettes tombent

et les corps agrégés

gorgent la route d’os

de rêves en caillots

le temps engrangera

le silence des cendres

 

et la neige rose

       recouvre les veines nues

absurde printemps


Matin

Suaire nuageux

la lune hyaline subsiste

dans l’ourlet de l’aube

nos rêves volutes

ont édenté le certain

leurs sépales obstinés

parsèment encore les sens

le jour s’impose au corps

il badaude mal content

angles maladroits des os

vulnérable nudité

la réalité enjambe

de sa chorégraphie rapace

ce qui nous émeut

Subreptice

pierre sourire

fauchée aux plis

de l’horizon lin

au glissé du jour

la nuque subreptice

_un baiser pourrait

(tu vois

un baiser)

comme un lacs

une accolure

nue

un baiser pourrait

embraser

le lumineux repli


©Aure 04/2018